Au sud de la Place du Capitole, à dix minutes à pied du Pont-Neuf, s’étend l’un des derniers quartiers médiévaux toulousains à n’avoir pas été entièrement reconstruit par les grands aménagements urbains du XIXᵉ et XXᵉ siècle : les Carmes. Le quartier doit son nom à un ancien couvent de Carmes installé là au XIIIᵉ siècle, aujourd’hui disparu mais dont l’empreinte se lit encore dans le tracé des ruelles, la Place des Carmes et ses arcades, et la densité des hôtels particuliers en brique rose qui caractérisent l’architecture toulousaine.
Cette densité historique se double d’une réalité moins évidente pour le visiteur de passage : les Carmes sont aujourd’hui le principal quartier gastronomique de Toulouse, avec une concentration de plus de cinquante restaurants dans un périmètre de cinq minutes à pied.
Sommaire
- L’histoire médiévale des Carmes
- La Place des Carmes et son marché disparu
- La rue Pharaon : la plus ancienne artère du quartier
- L’architecture toulousaine en brique rose
- La densité gastronomique du quartier aujourd’hui
- Promenade : itinéraire d’une matinée dans les Carmes
- Questions fréquentes
L’histoire médiévale des Carmes
Le quartier porte le nom des religieux qui se sont installés là vers 1264.
Le couvent disparu
L’ordre des Carmes, originaire du mont Carmel en Palestine, s’installe à Toulouse au milieu du XIIIᵉ siècle. Le couvent comprenait une église, des cloîtres et plusieurs bâtiments d’habitation. Comme la majorité des biens religieux français, il est confisqué pendant la Révolution française en 1791 et démoli progressivement entre 1808 et 1830. Le marché des Carmes, premier édifice à remplacer le couvent, est inauguré en 1830.
Les vestiges médiévaux dans le tissu urbain
Plusieurs éléments médiévaux subsistent dans le quartier. La Tour de Serta (XIVᵉ siècle), située rue de la Dalbade, est l’une des tours d’enceinte médiévales conservées de Toulouse. Plusieurs portes cochères, fenêtres à meneaux et caves voûtées des hôtels particuliers de la rue Pharaon datent des XVᵉ et XVIᵉ siècles.
La Place des Carmes et son marché disparu
La place est aujourd’hui un parking aérien et un lieu de passage, mais elle a connu des évolutions urbaines majeures depuis deux siècles.
Le marché des Carmes 1830-1980
De 1830 à 1980, la Place des Carmes a accueilli un grand marché couvert dans une halle en brique et fonte. Le marché fonctionnait quotidiennement et accueillait jusqu’à 80 commerçants : viande, poisson, légumes, fromages, épices. Sa fermeture en 1980 et la démolition de la halle en 1989 ont marqué la fin d’une époque commerciale pour le quartier.
Le projet de rénovation contemporaine
Depuis 2018, plusieurs projets de réaménagement de la Place des Carmes sont en discussion à la mairie de Toulouse, avec pour objectif de transformer le parking actuel en place piétonne.
La rue Pharaon : la plus ancienne artère du quartier
La rue Pharaon traverse les Carmes du nord au sud et constitue probablement la plus ancienne rue commerçante du quartier.
Origine du nom
Le nom « Pharaon » ne fait pas référence à l’Égypte antique. Il provient d’une déformation historique du nom de famille Faraon ou Faron, propriétaire d’un hôtel particulier important sur cette rue au XIVᵉ siècle.
Les hôtels particuliers de la rue Pharaon
La rue concentre une dizaine d’hôtels particuliers classés ou inscrits aux Monuments historiques, dont certains ouvrent leurs portes cochères pour révéler des cours intérieures Renaissance. Au numéro 11 se trouve l’hôtel Astorg-Saint-Germain (XVIᵉ siècle), au numéro 22 l’hôtel de Lestang (XVIIᵉ siècle).
La rue gastronomique aujourd’hui
La rue Pharaon concentre aujourd’hui plusieurs restaurants gastronomiques, bars à vins et bistros. C’est sur cette rue, au numéro 54, que se trouve Chez Gardel, restaurant argentin spécialisé en viandes maturées et soirées tango.
L’architecture toulousaine en brique rose
Le quartier des Carmes est l’une des meilleures vitrines de l’architecture en brique rose qui fait la signature visuelle de Toulouse.
Pourquoi la brique et pas la pierre ?
Toulouse manque historiquement de carrières de pierre de taille à proximité. En revanche, les terres argileuses de la vallée de la Garonne ont permis dès le Moyen Âge le développement d’une industrie de la brique foraine — brique large, plate, à teinte rose orangée caractéristique. Cette brique a été le matériau principal de la quasi-totalité des constructions toulousaines jusqu’au XIXᵉ siècle, et explique le surnom de « Ville Rose ».
Les détails à observer
Les hôtels particuliers des Carmes mélangent souvent la brique rose avec la pierre de taille pour les éléments architecturaux les plus visibles. Cette combinaison brique/pierre est typique du style toulousain de la Renaissance.
La densité gastronomique du quartier aujourd’hui
Le quartier compte plus de cinquante restaurants dans un périmètre de cinq minutes à pied autour de la Place des Carmes.
Une diversité culinaire rare en France
La concentration des Carmes mélange : cuisine du sud-ouest traditionnelle, cuisine internationale (japonaise, libanaise, italienne, mexicaine), cuisine d’auteur étoilée, cuisines de niche (argentine, péruvienne, éthiopienne). Peu de quartiers en France hors Paris offrent une telle diversité dans un espace aussi restreint.
Les soirées et la vie nocturne
Le quartier des Carmes est l’un des cœurs de la vie nocturne toulousaine, avec une scène de bars à vins, brasseries de soirée et restaurants ouverts jusque tard.
Promenade : itinéraire d’une matinée dans les Carmes
Pour ceux qui veulent découvrir le quartier en touristes, voici un parcours testé d’environ deux heures.
Étape 1 — Place des Carmes (départ)
Commencer Place des Carmes pour saisir l’échelle du quartier. Lever les yeux vers les façades en brique rose et identifier les passages qui mènent à des cours intérieures privées.
Étape 2 — Rue Pharaon vers le sud
Descendre la rue Pharaon en direction du Pont-Neuf en s’arrêtant aux portes cochères ouvertes.
Étape 3 — Quartier Saint-Étienne et hôtels particuliers Renaissance
À l’extrémité sud de la rue Pharaon, bifurquer vers le quartier Saint-Étienne et la Place Saint-Étienne, qui abrite la cathédrale Saint-Étienne (XIIIᵉ-XVᵉ siècles).
Étape 4 — Retour par la rue de la Dalbade
Pour le retour, prendre la rue de la Dalbade, ancienne artère qui concentre plusieurs des plus beaux hôtels particuliers Renaissance de Toulouse.
Étape 5 — Déjeuner dans le quartier
Pour conclure la matinée, choisir un restaurant dans le quartier. Pour une découverte argentine, Chez Gardel au 54 rue Pharaon propose une carte de viandes maturées et empanadas.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur moment pour visiter le quartier des Carmes ?
Le matin en semaine est probablement le meilleur moment pour une visite tranquille du quartier : la lumière sur la brique rose est particulièrement belle entre 9h et 11h, les rues sont moins fréquentées qu’en soirée, et le marché Victor Hugo voisin est ouvert pour ceux qui veulent prolonger la promenade.
Y a-t-il des visites guidées du quartier des Carmes ?
Oui, plusieurs associations toulousaines (Office de Tourisme, associations du patrimoine) proposent des visites guidées thématiques des Carmes : architecture Renaissance, histoire des hôtels particuliers, parcours gastronomique. Réservation conseillée en haute saison touristique (mai à septembre).
Le quartier des Carmes est-il bien desservi par les transports en commun ?
Oui. La station de métro Carmes (ligne B) dessert directement le quartier, à une minute à pied de la Place des Carmes. Pour les voitures, le stationnement reste compliqué — privilégier le parking souterrain Esquirol ou un parking-relais en périphérie suivi du métro.
Le quartier des Carmes est-il le seul quartier gastronomique de Toulouse ?
Non. Toulouse compte plusieurs pôles gastronomiques distincts : les Carmes, le quartier Saint-Cyprien, les abords du marché Victor Hugo, et le quartier des Chalets. Chaque pôle a sa personnalité, mais les Carmes restent probablement le plus dense en restaurants de toutes catégories.
Les Carmes ne se résument pas à une rue ou à une place. C’est un quartier qui se découvre lentement, en levant les yeux sur les façades et en empruntant les portes cochères entrouvertes. Pour ceux qui prennent le temps, c’est aussi l’un des derniers endroits de Toulouse où l’histoire médiévale, l’architecture Renaissance et la gastronomie contemporaine cohabitent dans un espace restreint.
Réservez votre table chez Gardel pour découvrir notre cuisine argentine au 54 rue Pharaon, au cœur du quartier des Carmes.

